Contribution au Grenelle de l'Environnement - octobre 2007

 

Déclaration du Club Ville Aménagement à l'occasion du Grenelle de l'Environnement - octobre 2007

 

15 octobre 2007


Déclaration du Club Ville Aménagement
à l’occasion du Grenelle de l’Environnement


•    Le Club Ville Aménagement souhaite affirmer à l’occasion de la réunion du « Grenelle de l’Environnement », l’importance majeure que représentent les conditions du développement urbain pour la maîtrise des enjeux environnementaux.


•   Un des fléaux les plus graves est celui de l’étalement non maîtrisé de l’urbanisation source d’alourdissement de la consommation d’énergie, de déséquilibres environnementaux et d’inégalités sociales.


•   Le développement durable suppose de considérer la ville comme un tout, et de disposer d’une stratégie aux différentes échelles permettant d’afficher des objectifs transversaux, hors des logiques verticales et sectorielles qui nuisent tant à la qualité urbaine.


•   Deux écueils sont à éviter :


- Réduire la démarche à une nouvelle accumulation   réglementaire qui encombrerait la boîte à outils de l’urbanisme,déjà chargée (sans exclure évidemment cette dimension).

- Se limiter à la promotion de quartiers vertueux. Ceux-ci ont tout leur sens pour engager un processus mais l’objectif  doit bien être, en concevant une ville durable comme une philosophie globale de l’action, de mettre en œuvre une démarche nouvelle à tous les niveaux de la construction de la ville.

•   Trois orientations d'action sont à promouvoir


  1.      Structurer le développement urbain et périurbain existant et futur par un effort massif sur les transports en commun, lié à une plus grande densité autour des points d’accès. Les transports en commun permettent de drainer les flux de déplacements, la densité (associée à la mixité des fonctions) favorise également les déplacements de proximité à pied ou en vélo, et la combinaison de ces deux volets essentiels et indissociables est la clé de la maîtrise de l’étalement urbain.


  2.      Plutôt que vouloir empêcher par des moyens contraignants que de nombreux citoyens fuient les villes, s’attacher à rendre la ville compacte attractive et ouverte à tous. Il s'agit de:


- Privilégier toutes les opportunités de renforcement de la  ville sur elle-même (maintien d'activités, reconversion des friches, réurbanisation de quartiers existants,...).
- Valoriser une qualité urbaine et architecturale attentive à  l'évolution des modes de vie et des usages: du logement  aux  équipements, de l'importance des commerces en ville, du rapport à l'extérieur depuis le logement jusqu'aux parcs et jardins,…
- Organiser le mélange des populations et des fonctions, en se méfiant des fermetures et spécialisations, et en donnant toute sa place à l’espace public.
- Accorder un rôle central aux modes de déplacements alternatifs à la voiture: réseau maillé de transports collectifs, priorité aux modes doux (vélos et marche à pied).
- Evaluer l’effet environnemental des nouveaux projets urbains dans toutes leurs dimensions: d'une part, en généralisant une exigence environnementale dans les constructions supérieure à celle résultant des réglementations nationales en vigueur, d'autre part, en favorisant la mise au point de méthodes expérimentales de calcul de l'empreinte écologique des opérations d'aménagement.

Cette ville prend racine dans l’histoire des cités européennes et de leur centralité. Elle est apte à répondre aux défis économiques et sociaux du monde contemporain dans l’obligation du développement durable. A ce titre, la densité n’est pas l’adversaire de cette ville active, privilégiant la qualité de la vie. Accompagnée d'exigences qualitatives, cette « éco-densité » est au contraire une réponse nouvelle où la hauteur des immeubles, tant résidentiels que d’activités, et leur disposition spaciale doivent se penser dans un rapport à l’espace public qui garantit la mixité des usages. Elle seule permet une réponse acceptable aux besoins quantitatifs du développement.


L’éco-densité nous paraît bien représenter une exigence essentielle du développement durable des villes.


3.     La ville dense ne peut se concevoir en opposition avec l’extension de la ville périphérique, les nouvelles aires urbaines, qui sont aujourd’hui un fait et répondent à une évolution sociétale inéluctable.


La maîtrise de ces grands territoires suppose qu’ils fassent l’objet de projets d’ensemble (en appui avec la planification territoriale qui les concerne) qui leur donnent sens et cohérence et permettent de combattre un éparpillement urbain dévastateur.


Ces projets pourront s’appuyer sur les éléments constitutifs qui les identifient (infrastructures, centres commerciaux…) et permettront de répondre aux exigences d’un développement durable :


         - Maintenir et stabiliser une activité agricole péri-urbaine
            économiquement viable.
         - Préserver les grands paysages qui affirment le rapport ville-
            campagne en s'appuyant sur les établissements publics
            fonciers régionaux.
         - Poser comme préalable au développement de nouvelles
            urbanisations leur irrigation par le réseau de transports
            collectifs.
         - Développer leurs propres centralités secondaires en
            s'attachant à leur densité et à la qualité de la gamme des
            équipements collectifs à y implanter.
         - Mesurer en amont le bilan énergétique de leur
            développement.


L'aménagement ou le ré-aménagement volontariste des aires urbaines est une autre exigence forte du développement durable des territoires urbains.


Pour conclure, l’action à conduire aux deux échelles évoquées de la ville contemporaine pose à l’évidence la question des formes de leur gouvernance :


·  L’échelle de la ville constituée est aujourd’hui celle des agglomérations dont les compétences et la représentation démocratique ne sont pas en adéquation avec les enjeux énoncés. Cet écueil est particulièrement criant en Ile-de-France où une réforme institutionnelle s'avère urgente.
·  La « ville–territoire » ne saurait être aujourd’hui un enjeu institutionnel. Pour autant, favoriser l’ouverture à des formes originales de gouvernance adaptées à la conduite de projets partenariaux serait une piste intéressante pour maîtriser son développement. Cette maîtrise pourrait être confortée par un règlement national d'urbanisme plus contraignant pour lutter contre l'habitat dispersé.

 

testchris.pdf

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